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Richard Wurmbrand (1909-2001)
Biographie de Richard Wurmbrand
Sa femme, Sabina, également juive, fut une esclave ouvrière agricole pendant trois ans. A cause de son statut international de responsable juif messianique, les diplomates d'ambassades étrangères s'enquirent de sa sécurité auprès du gouvernement communiste. On leur répondit qu'il s'était enfui de Roumanie. La police secrète, déguisée en collègues prisonniers relâchés, dit à son épouse d'assister à son enterrement dans le cimetière de la prison.
Le pasteur Wurmbrand fut relâché à l'occasion d'une amnistie générale en 1964. Réalisant le danger d'un troisième emprisonnement, des chrétiens de Norvège négocièrent avec les autorités communistes sa libération de Roumanie. Le "prix pour la liberté" pour un prisonnier était de $1900. Le prix qu'elles fixèrent pour Wurmbrand était de $10 000. En mai 1966, il témoigna devant le Sous-comité Interne de Sécurité du Sénat à Washington, et se mit torse nu pour montrer dix-huit blessures profondes dues à la torture recouvrant son corps. Son histoire fut rapportée par des journaux du monde entier, aux États-Unis, en Europe et en Asie.
Le pasteur Wurmbrand a été appelé "la Voix de l'Église Souterraine". Ses livres sont des best-sellers dans plus de 50 langues. Vous pouvez obtenir une copie gratuite de son livre "Tortured for Christ" (Torturé pour Christ) en vous abonnant à la lettre de nouvelles sur la liste de diffusion de Voice of Martyrs ou en appelant Voice of Martyrs au numéro +1-800-747-0085.
Richard Wurmbrand fonda l'organisation "Voix des Martyrs", œuvre destinée à venir en aide aux chrétiens persécutés dans le monde entier. Il décéda à l'hôpital dans l'après-midi du samedi 17 février 2001, aux États-Unis. Avec lui s'éteignit l'un de ces témoins martyrs de la foi - dont parle Hébreux 11- de notre époque contemporaine.

"Mes prisons avec Dieu"
Notre christianisme en Occident, de par la liberté de culte et le confort matériel dont nous jouissons, a exclu l'expérience de la souffrance comme moyen divin de croissance à la fois individuelle et collective. La profondeur du vide intérieur, l'adversité des puissances démoniaques opposées à l'Évangile de Jésus-Christ et animant les idéologies humaines qui contrôlent les terres des martyrs - Russie, Corée du Nord, Chine, Laos, pays islamistes, etc.- sont étrangères à notre expérience chrétienne normale. Or les saints les plus consacrés, dans toute l'histoire de l'Église, ont connu les épreuves les plus atroces et les privations les plus pénibles. Le sang précieux de ces hommes et femmes persécutés pour leur foi parle mieux que celui d'Abel. Il nous transmet la transpiration de leur âme, et nous communique les larmes qu'ils ont versées. Richard Wurmbrand est l'un de ceux-ci. Il passa 14 années dans les prisons communistes de Roumanie, dont près de 3 années de solitude complète en cellule d'isolement. Les nombreuses expériences qui furent les siennes sont décrites dans un grand nombre de livres qui devinrent des best-sellers. Dans un de ses livres, il raconte dans un poème ce qui fut l'une de ses plus profondes expériences spirituelles:
"Seul dans ma cellule, maintenant, je pouvais sentir presque physiquement la présence de Satan. Il faisait sombre, froid, et il se moquait de moi. La Bible parle de lieux retirés où les esprits mauvais dansent, et j'étais dans un de ces lieux. J'entendais sa voix, jour et nuit: "Où donc est ton Jésus? Ton sauveur ne peut pas te sauver. On t'a menti, et tu as menti aux autres. Il n'est pas le Messie ! Tu t'es trompé de personne!" Alors j'ai crié: "Et qui est le vrai Messie qui doit venir?" La réponse fut simple, mais trop blasphématoire pour être répétée ici. J'avais écrit des livres et des articles prouvant que Jésus était le Messie, mais je n'avais pas même un seul argument à présenter. Le diable, qui était parvenu à faire douter en prison Nils Hauge, le grand évangéliste norvégien, qui avait fait de même à Jean Le Baptiste dans son donjon, s'acharnait contre moi. J'étais sans défense. Ma joie, et ma sérénité, tout s'en était allé. J'avais senti le Christ si proche de moi auparavant, enlevant mon amertume, illuminant mes ténèbres, mais à ce moment je criais: "Eli, Eli, lama sabachtani". J'étais totalement seul, abandonné. Durant ces jours effroyables de noirceur, lentement j'ai composé un poème, qui ne serait pas aisément accepté par ceux qui n'ont pas connu les mêmes expériences physiques et spirituelles. Ce poème me sauva. Avec ces mots, leur rythme, et leur répétition, j'ai réussi à vaincre Satan. Voici, sans les rimes, ni le rythme, le poème dans son sens exact traduit du roumain :
Depuis mon enfance j'ai fréquenté églises et temples,
En eux, Dieu est glorifié.
Différents prêtres chantaient, avec zèle.
Ils disaient qu'il était bon de T'aimer.
Mais en grandissant, je vis tellement de malheurs
dans le monde de ce Dieu que je me dis à moi-même :
"Il a un cœur de pierre. Autrement, il ôterait les difficultés de notre chemin."
Des enfants malades luttant contre la fièvre dans des hôpitaux,
pendant que leurs parents prient pour eux.
Le Ciel reste sourd.
Ceux que nous aimons partent pour la vallée de l'ombre et de la mort,
et pourtant nous avions prié très longtemps.
De jeunes hommes innocents brûlent vif dans une fournaise.
Et le Paradis est silencieux.
Il laisse les choses se faire.
Dieu ne s'est-Il jamais posé la question si, même à voix basse,
les croyants eux-mêmes ne commençaient pas à douter?
Affamés, torturés, persécutés dans leur propre patrie,
leurs questions demeurent sans réponse.
Le Tout-Puissant n'est pas concerné
par les horreurs qui sont notre lot.
Comment puis-je aimer le Créateur des microbes,
et des tigres mangeurs d'hommes?
Comment puis-je aimer Celui qui torture tous Ses serviteurs
parce que l'un d'eux une fois a mangé d'un arbre?
Plus triste que Job, je n'ai plus ni femme, ni enfants, ni consolateurs,
Et dans cette cellule, il n'y a pas de lumière, pas même un peu d'air,
c'est trop dur à supporter.
De mon lit en planche, ils me feront un cercueil.
Étendu sur mes planches, je me demande encore
pourquoi mes pensées vont vers Toi,
pourquoi mes écrits vont vers Toi?
Pourquoi j'ai cet amour passionné pour Toi,
pourquoi je n'arrive pas à chanter à quelqu'un d'autre qu'à Toi?
Je sais que je suis rejeté;
dans un petit moment, je serai dans un trou, en train de pourrir.
La fiancée du Cantique des cantiques ne t'aime pas
lorsqu'elle demande si Tu es "correctement aimé".
L'amour est à lui-même sa propre justification.
L'amour n'est pas pour les hommes sages.
Même si mille embûches se dressaient sur sa route, elle continuerait d'aimer.
Même si le feu la brûlait ou si les vagues l'emportaient,
elle continuerait d'embrasser la main qui la blesse.
Si elle ne trouve aucune réponse à ses questions, elle a confiance et elle attend.
Un jour, dans ces lieux retirés, le soleil brillera
et tout ce qui est caché sera révélé pleinement.
Le pardon de ses nombreux péchés n'a fait qu'augmenter l'amour ardent de Madeleine.
Mais elle a donné son parfum, et versé ses larmes
avant que Tu ne lui adresses les mots du pardon.
Si ces mots n'étaient pas sortis de Ta bouche, elle serait restée là,
à t'aimer, en restant dans ses péchés.
Elle t'aimait avant que Ton sang ne se mette à couler.
Elle t'aimait avant que Tu ne la pardonnes.
Je ne demande pas non plus s'il est bon et légitime de T'aimer.
Je ne T'aime pas pour obtenir un jour le salut.
Je t'aimerai même si mes malheurs durent éternellement.
Je T'aimerai jusque dans le feu de l'enfer.
Si Tu avais refusé de descendre jusqu'aux hommes,
Tu serais resté mon rêve, lointain.
Si Tu n'avais pas voulu semer Ta Parole,
je T'aurais aimé sans l'avoir entendue.
Si le jour de la Crucifixion, Tu avais hésité et même si Tu T'étais enfui,
et que le salut n'existerait pas, je T'aimerais quand même.
Et si j'avais découvert qu'il y avait du péché en Toi, je le couvrirais de mon amour.
Maintenant, je n'ai plus peur de dire les paroles d'un fou,
pour que tous sachent combien je T'aime.
Maintenant, je vais faire vibrer des cordes que personne n'a jamais touchées
et je vais Te magnifier avec une musique nouvelle.
Si des prophètes annonçaient quelqu'un d'autre,
je les quitterais pour rester avec Toi.
Qu'ils produisent un millier de preuves, mon amour n'ira qu'à Toi.
Si j'étais divinement averti que Tu fus un trompeur,
en pleurant je prierais pour Toi,
Et même si je ne Te suivais pas dans l'erreur,
mon amour ne diminuerait pas pour Toi.
Pour Saül, Samuel passa sa vie dans le jeûne et les larmes.
Même si j'apprenais que Tu avais perdu, mon amour résisterait.
Si c'était Toi et pas le diable qui T'étais révolté contre le ciel,
et avais perdu la sympathie des anges,
Si Tu étais tombé comme un archange, de haut, de très haut, sans espoir,
Moi je continuerais d'espérer que le Père Te pardonne
Et qu'un jour Tu marcherais de nouveau dans les rues pavées d'or du Ciel.
Si Tu n'étais qu'un mythe, je fuirais la réalité et me réfugierais avec Toi dans le rêve.
Si l'on me prouvait que Tu n'existes pas, c'est mon amour qui Te donnerait la vie.
Mon amour est fou, sans motif et sans raisons, comme le Tien.
Seigneur Jésus, trouve un peu de bonheur dans ce lieu où je me trouve.
Je ne puis pas t'offrir plus.

Lorsque j'eus écrit ce poème, je n'ai plus jamais senti la proximité de Satan. Il était parti. Dans le silence, je sentais le baiser de Christ. Tout le monde est silencieux quand on l'embrasse. Le calme, et la joie revinrent. "
" …Je passai deux années, isolé dans une cellule. Je n'avais rien à lire, rien pour écrire. J'avais mes pensées pour seules compagnies. Or j'étais un homme d'action plus qu'un contemplatif.
Avais-je vraiment vécu pour servir Dieu, ou simplement exercé ma profession [de pasteur] ? Les gens s'attendent à ce que les pasteurs soient des modèles de sagesse, de pureté, de sincérité ; ils ne peuvent pas toujours l'être véritablement, parce que ce sont aussi des hommes ; ils commencent donc dans une plus ou moins grande mesure par jouer le jeu, puis au fur et à mesure que le temps passe, ils sont incapables de dire quelle part de comédie il y a dans leur comportement.
Je me souvenais du profond commentaire qu'écrivit Savonarole sur le Psaume 51 alors qu'il était en prison et tellement roué de coups qu'il ne put signer ses propres "aveux" que de la main gauche. Il disait qu'il y a deux sortes de chrétiens : ceux qui croient sincèrement en Dieu et ceux qui, tout aussi sincèrement, croient qu'ils croient. On peut les reconnaître à leur comportement dans les moments décisifs. Si un voleur qui avait projeté de cambrioler une riche demeure aperçoit dans les parages un inconnu qui pourrait être un policier, il se cache. Si, réflexion faite, il pénètre quand même dans la maison, cela prouve qu'il ne croit pas que l'homme est un représentant de la loi. Nos actes témoignent de nos convictions.
Croyais-je en Dieu ? L'heure de vérité avait sonné. J'étais seul. Il n'y avait pas de salaire à gagner, pas d'avis précieux à prendre en considération. Dieu ne m'offrait que la souffrance : allais-je continuer à L'aimer ?
… J'appris peu à peu que sur l'arbre du silence pousse le fruit de la paix. Je commençais à prendre conscience de ma vraie personnalité, et à être sûr qu'elle appartenait au Christ. Je découvris que même dans cette cellule mes pensées et mes sentiments se tournaient vers Dieu et que je pouvais passer nuit après nuit en prières, exercices spirituels et louanges. Je savais à présent que je ne jouais pas la comédie et que je croyais à ce que je croyais.
Je mis au point une routine à laquelle je me tins durant les deux années suivantes. Je restais éveillé toute la nuit. Lorsqu'à dix heures la sonnerie donnait le signal du sommeil, je me mettais à l'œuvre. Quelquefois j'étais triste, quelquefois joyeux, mais les nuits n'étaient jamais assez longues pour tout ce que j'avais à faire.
Je commençais par une prière d'où les larmes, des larmes de reconnaissance souvent, étaient rarement absentes. Les prières, comme les signaux radio, s'entendent mieux la nuit ; c'est alors que se livrent les plus grandes batailles spirituelles. Ensuite, je prononçais un sermon comme je l'aurais fait à l'église, débutant par "frères bien-aimés", dans un chuchotement que nul garde ne pouvait entendre et terminais par "amen". Je prêchais avec la plus grande sincérité. Je n'avais pas besoin de me préoccuper de ce que penserait l'évêque, de ce que dirait la congrégation, de ce que les mouchards répéteraient. Je ne prêchais pas dans le vide. Chaque sermon est entendu par Dieu, ses anges et ses saints ; mais je sentais qu'il y avait aussi parmi mes auditeurs invisibles ceux qui m'avaient amené à la foi, mes ouailles vivantes ou mortes, ma famille et mes amis. Ils étaient "cette nuée de témoins" dont parle la Bible. Je faisais l'expérience de la "communion des saints" du credo."
Après 14 années d'emprisonnement, de sévices et de tortures dans les prisons communistes de Roumanie, Richard Wurmbrand, retrouvant finalement la liberté, dit qu'il eut l'impression en quittant ce monde carcéral où il fit de puissantes expériences spirituelles au milieu de ses souffrances, que c'était comme redescendre de la montagne de Dieu.
Il explique plus loin, dans son ouvrage "Mes prisons avec Dieu" (p. 41) :
"…Tous les chrétiens ne sont pas des disciples du Christ, dans le vrai sens du terme. L'homme qui entre chez le coiffeur pour se faire raser ou qui commande un costume chez le tailleur n'est pas un disciple, mais un client. De même celui qui va au Sauveur seulement pour être sauvé est le client du Sauveur, non son disciple. Le disciple est celui qui dit au Christ : "Comme j'aimerais faire le même travail que toi ! Aller d'un endroit à un autre pour en chasser la peur et lui substituer la joie, la vérité, la consolation et la vie éternelle ! "
" … Des millions d'êtres humains invoquent le Père chaque jour. Mais puisque nous sommes les enfants de Dieu, et puisque les enfants partagent les responsabilités de leur père, alors ces prières s'adressent aussi à nous. Le Père que tous prient n'est-il pas dans mon cœur ?
Ainsi lorsque je dis "Que ton nom soit béni", j'ai moi-même à bénir le nom de Dieu. "Que ton règne vienne", je dois lutter pour abattre les puissances du mal qui régissent une grande partie du monde. "Que ta volonté soit faite", et la volonté des bons, non celle des méchants. "Pardonne-nous nos péchés", il faut aussi que je pardonne ; "Délivre-nous du mal", je dois donc faire tout ce que je peux pour libérer l'homme du péché".
Biographie de Sabina Wurmbrand
Peu de femmes ont été éprouvées dans leur foi comme Sabina Wurmbrand. Pendant les quatorze années d'emprisonnement de son mari, Richard Wurmbrand, les communistes lui dirent de nombreuses fois : " Divorce d'avec lui, il est mort ". Mais Sabina écouta la petite voix calme de Dieu, sachant que son mari était vivant. Pendant ce temps, Sabina, de façon désintéressée, s'occupa des autres croyants de l'Église Souterraine qu'ils avaient démarrée ensemble tout en se battant durement pour sa survie et celle de leur petit garçon. Sabina fut assujettie à des privations et des souffrances incroyables.
Les Nazis assassinèrent ses parents, quatre de ses frères et sœurs et cinq enfants adoptés, et pourtant elle ne devint jamais amère ou pleine de ressentiment mais continua à manifester de l'amour envers tous. Sabina ne réfréna jamais ses efforts pour poursuivre l'œuvre que son mari avait initiée, celle d'unir l'Église Souterraine. Vivant dans la crainte quotidienne d'être découverte, sa foi fut testée jusqu'à ses limites et elle demeura ferme dans son amour pour le Dieu d'Israël. Elle fut elle-même arrêtée en 1948 pour avoir évangélisé de façon subversive en Roumanie et passa trois années comme esclave ouvrière agricole sur le Canal Danube qui ne fut jamais achevé. Néanmoins elle survécut afin de raconter son histoire. Elle est véritablement une remarquable femme de Dieu. Son livre " The Pastor's Wife " (La Femme du Pasteur) est un livre incontournable que chacun devrait lire.

Se Préparer à la Souffrance et à la Persécution en Occident
De tels témoignages nous aident à ressentir, en tant qu'Église libre d'Occident, une partie de l'agonie et de l'affliction des chrétiens de l'Église du silence, pour lesquels suivre Jésus-Christ équivaut à une sentence de mort.  En face d'un engagement si total pour le Sauveur, nos modèles d'adoration, de consécration et de maturité chrétiennes dans nos pays libres, ne semblent-ils pas devenir en réalité bien fades. Qu'avons-nous fait de la Croix du Sauveur ? Que signifie pour nous "renoncer à tout pour suivre Christ” ? Quels sont nos modèles de foi et d'excellence chrétiennes ? Avons-nous un seul moment intégré l'idée de la souffrance et de la persécution dans notre croix quotidienne et dans notre vie communautaire d'église ? Y sommes-nous préparés ?...
La sclérose de la foi en Occident ne peut être imputée qu'à la pléthore de nos richesses et à la multitude de nos occupations individuelles ou ecclésiales, en apparence légitimes et nécessaires, mais ne constituant certainement en vérité que des œuvres inutiles et mortes dont nous ne pouvons pas nous passer. Il est fort probable que nous soyons devenus si riches en nous-mêmes que nous n'avons plus besoin de Dieu, et que nous ne Le désirons pas au point que ce désir soit devenu une question de survie, et même de vie ou de mort. Nos maisons sont remplies d'abondance et fleurissent dans le confort de notre société de consommation et de hautes technologies - et dehors, le monde soupire et agonise, croule dans la misère et meurt dans ses péchés! Notre christianisme rejette vigoureusement la promesse des persécutions que nous a laissée Jésus (Marc 10:30). Notre piété est bien souvent un vêtement de paille qui n'a pas en elle la force pénétrante de l'amour sacrificiel véritable pour Christ. Cette parole du pieux Sadhou Sundar Singh ne peut être plus appropriée : "Dire que le christianisme est un échec en Europe et en Amérique est une grave erreur et n'est pas basé sur l'expérience. Pourtant, dans mes voyages en Occident, j'ai trouvé les gens si occupés par leur travail, leurs affaires, leur bureau, leur commerce, qu'ils n'ont plus de temps pour prier et recevoir les bénédictions de l'Évangile."
Richard Wurmbrand a dit : "Dans un pays libre, pour être membre d'une église, il est suffisant de croire et d'être baptisé. Dans l'Église souterraine, ce n'est pas suffisant d'en être membre. Vous pouvez être baptisés et vous pouvez croire, mais vous ne serez pas un membre de l'Église souterraine à moins que vous ne sachiez comment souffrir... Il est fort probable que vous ayez la foi la plus puissante du monde, mais si vous n'êtes pas préparés à souffrir, alors le jour où vous êtes pris par la police, vous aurez deux claques et vous ne déclarerez rien. Ainsi la préparation à la souffrance est l'un des éléments essentiels dans la préparation du travail souterrain. Un chrétien ne panique pas s'il est jeté en prison. Pour le croyant ordinaire, la prison est un nouvel endroit où il peut témoigner pour Christ. Pour un pasteur, la prison est une nouvelle paroisse. C'est une paroisse sans grands revenus mais avec de grandes opportunités de travail. Je parle un peu de cela dans mon livre " With God In Solitary Confinement " (Avec Dieu en Cellule d'Isolement)."
Dans nos propres pays démocratiques, nous hésitons à témoigner de Christ ouvertement de peur d'être traités de sectes ou de fanatiques; la crainte des hommes nous entraîne même à dénoyauter l'Évangile de sa substance vivifiante, pour ne communiquer à la place qu'un message sans force en nous rabaissant à employer des méthodes impies des mondes du spectacle, du marketing ou de la publicité pour "faire passer le message sans choquer" et pour éviter de porter l'opprobre de Jésus. Combien faible sera notre foi lorsque la persécution ouverte fondra sur les enfants de Dieu !
Vivre "les mêmes souffrances qui sont imposées à nos frères dans le monde" (1 Pierre 5:9) ne peut pas s'improviser du jour au lendemain. Une préparation est nécessaire. Bien-aimés saints de Dieu, armons-nous de la pensée de souffrir pour la cause de Christ et pour Son nom, car le moment vient bientôt où chacun de nous devra se trouver confronté à la décision ou non de suivre Christ quoi qu'il en coûte. Reconnaissons comme l'apôtre Pierre notre confiance excessive en nous-mêmes et notre humble besoin de la grâce de Dieu. Oh! que nous soyons déterminés à nous repentir de nos tiédeurs et compromis, en prenant le sac et la cendre, et en nous humiliant nous-mêmes sous Sa main puissante car l'heure est déjà avancée, et la fournaise ardente annoncée par les prophètes vient !
Il est quelque chose de grave et de solennel que le Seigneur veut nous faire revivre en Occident, c'est l'épreuve de notre foi, plus précieuse que l'or périssable (1 Pierre 1:7), à travers la souffrance et la persécution. Les plus grands saints dans l'histoire de l'Église, ceux qui nous ont transmis les révélations les plus profondes sur la beauté de Christ et l'immensité infinie de Sa grâce, sont ceux qui ont été purifiés, façonnés, et travaillés dans les détresses les plus inimaginables et les prisons les plus solitaires : Daniel, Joseph, Elie, Jérémie, l'apôtre Paul, Jean-Baptiste, Jérôme Savonarole, John Bunyan, Watchman Nee, Samuel Rutherford, etc.. Tertullien avait raison d'affirmer que le sang des martyrs a toujours été la semence de l'Église. Tiendrons-nous devant Lui à l'heure de l'épreuve, de la persécution, du rejet, de la famine?
Souvenons-nous de ces quelques pensées que John Bunyan nous livre à propos de son incarcération lorsque viendra la persécution :
"Avant mon incarcération, j'avais prévu ce qui devait m'arriver et deux choses brûlaient dans mon cœur sur la façon dont je pourrais faire face à la mort, si j'en arrivais là. Je fus poussé à prier, à demander à Dieu de me fortifier "à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. Rendez grâces au Père."
Pendant toute l'année qui précéda mon arrestation, je ne priais presque jamais sans que ce verset des Écritures ne me revienne à l'esprit et sans que je ne comprenne que pour souffrir avec patience et surtout avec joie, il fallait une grande force d'âme.
"La seconde considération fut dans le passage suivant: "Et nous regardions comme certain notre arrêt de mort, afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais de la placer en Dieu, qui ressuscite les morts." Grâce à ce verset je compris que si j'en arrivais à souffrir comme je le devais, premièrement je devais condamner à mort tout ce qui appartenait à notre vie, considérant ma femme, mes enfants, ma santé, les plaisirs, tout, enfin, comme morts pour moi et moi pour eux.
"Je résolus, comme dit Paul, de ne pas regarder les choses qui se voient, mais celles qui ne se voient pas; parce que les choses qui se voient sont temporelles alors que celles qui ne se voient pas sont éternelles. Et. je compris que si je m'étais préparé seulement à la prison, je pourrais à l'improviste être appelé aussi à être fouetté ou attaché au pilori. De même si je m'attendais seulement à ces châtiments, je ne supporterais pas celui de l'exil. La meilleure façon de supporter les souffrances était d'avoir confiance en Dieu, pour ce qui était du monde à venir, et pour celui-ci, il fallait considérer le tombeau comme ma demeure, dresser ma couche dans les ténèbres et dire à la décomposition: c'est toi mon père et à la vermine: Ma mère et ma sœur (Job 17:13-14)."
Par la bouche de Paul, le Saint-Esprit nous dit que c'est par les tribulations du Royaume que la profondeur incommensurable de l'amour de Christ pourra être expérimentée pleinement dans nos cœurs. Par-dessus tout, le Seigneur Lui-même saura nous fortifier et nous affermir afin que notre foi ne défaille pas. Même dans les tragédies les plus sombres, nous serons cachés dans l'amour du Sauveur, ayant l'espérance de l'éternité de gloire avec Celui qui nous a tant aimés.
"Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? selon qu'il est écrit: 'C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.' Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.” (Romains 8:35-39).
Ainsi, la souffrance est l'unité de mesure de l'amour de Dieu révélé à nos cœurs, dans la dimension de l'éternité divine, ainsi que l'instrument de choix de Dieu pour nous rendre semblables à Son Fils. La glorification des fils de Dieu passe par cette pédagogie divine, douloureuse mais purificatrice - seuls l'amour véritable pour Jésus et notre abandon confiant à Sa grâce feront de nous des vainqueurs de la foi tels ceux de Hébreux 11.
"L'amphithéâtre de Rome… Une poignée d'hommes et de femmes firent leur entrée. Certains priaient, certains chantaient, même des chants de louange ! Ils ne semblaient pas voir les yeux injectés de sang des bêtes rendues folles par la faim. Tous les yeux étaient levés. Ils lèvent les yeux haut, haut vers les montagnes d'où leur viendra le secours, et jetés entre les mains d'un sacrifice sanglant, ils élèvent une foi que toute la puissance de la terre et de l'Enfer n'a pas été capable de détruire (...).
En plongeant notre regard dans cette image venue des siècles, une grande question remplit nos cœurs: D'où venait leur force? D'où venait leur courage ? (...) Ne les trouvons-nous pas dans cette source qui envoya dix mille fois, dix mille des âmes les plus brillantes, les plus précieuses dans notre monde désertique - la source de l'Amour? Plantée il y a 19 siècles sur le mont du Calvaire, en s'élevant tout droit à côté de la tombe et détruisant l'aiguillon de la mort, et apportant la guérison aux nations, son essence n'a-t-elle pas été la motivation de tout vrai renoncement offert par les disciples du Crucifié, à la fois au temps des martyrs et à notre propre époque?
C'était l'amour ! C'était l'amour qui endurait. À travers les longues nuits sans sommeil des froides prisons, à deux pas de la torture, lorsque le corps était affaibli par le manque et la faim, c'était les pulsations de l'amour qui battaient fort; c'était l'amour qui tenait ferme à travers les feux et n'était pas brûlé. C'était l'amour qui traversait la mort et n'était pas anéanti.
Serez-vous trouvé parmi ce nombre? La même grâce, la même victoire, le même Ciel sont nôtres pour le temps présent et l'éternité par la puissance du même amour. Des batailles aussi sombres peuvent être livrées, des luttes aussi longues et plus longues peuvent être menées, et des conquêtes aussi grandes peuvent être gagnées, afin qu'ici et dans l'au-delà devant Son trône, nous puissions nous joindre à la grande et éternelle chorale de louange qui célèbre la grâce victorieuse." - Love Is All (L'Amour Est Tout), Evangeline Booth.

Références:

o Article rédigé par Michael Wurmbrand, le fils de Richard Wurmbrand - Email : amschl@home.net
o Article " Croire en prison " paru dans le numéro 34 du bulletin " Le Sarment "
o Biographie de Richard et Sabina Wurmbrand, diffusée sur le site http://home.pacbell.net/andrea/wurmbrandbio.html 


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